Chronique d’un scandale

Chronique d’un scandale
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Chronique d’un scandale
Notes on a Scandal
Royaume-Uni, 2006
De Richard Eyre
Scénario : Patrick Marber
Avec : Cate Blanchett, Judi Dench, Bill Nighy, Andrew Simpson
Durée : 1h32
Sortie : 28/02/2007
Note FilmDeCulte : *****-

Sheba Hart est un jeune professeur d’art qui vient d’arriver au lycée. Elle se lie à Barbara, enseignante en pré-retraite, qui devient rapidement sa seule confidente. Barbara va découvrir la relation illicite que Sheba entretient avec un élève de 15 ans.

CELLE PAR QUI LE SCANDALE ARRIVE

Gare aux idées préconçues: sous son emballage de naphtaline british et de débat de deuxième partie de soirée, Chronique d’un scandale cache un vrai tigre dans son moteur, fauve bondissant et enragé, toutes dents dehors, qui saute à la gorge dès le vif début pour ne pratiquement jamais lâcher sa prise durant ses 90 minutes de sprint. Pervers et vénéneux, le film de Richard Eyre évite le piège de la confrontation binaire en ne se limitant pas à la torture d'une blanche colombe par une Satanas ridée et sadique. Chronique d'un scandale se distingue par son ambivalence, sa cruauté, sa façon de peindre ses solitudes amères et l’envie de s’en affranchir, ou de mettre en présence avec subtilité les pulsions de ses deux personnages principaux. L’éveil d’un délictueux désir chez l’une, le vampirisme ardent de l’autre, piégées dans une tragédie qui enfle et oppresse comme la musique entêtante de Philip Glass donne au drame psychologique des accents de thriller et parfois même de film d’horreur, cauchemar familial et humiliation publique laissant bleus et cicatrices comme un coup de poing, ou de griffe.

LES SECRETS DES POIGNARDS VOLANTS

Patrick Marber, plume tranchante de ces chroniques, avait déjà injecté pas mal de venin dans un Closer qui virait au petit jeu de massacre de couples en perdition. Marber cimente ici son goût pour les relations à couteaux tirés à travers un texte et une utilisation de la voix off assez magnifiques. Peu de choses à envier aux bisbilles échevelées et bastons acharnées du duo Joan Crawford / Bette Davis, Judi Dench et Cate Blanchett se montrent exceptionnelles, l’une en serpent solitaire, spectatrice vicieuse qui n’aime rien tant qu’être perchée au poulailler, conteuse appliquée qui se prend pour Virginia Woolf avec son journal orné d’autocollants étoilés, l’autre en lisse et douce chatte, reine de Saba émergeant à peine parmi ses élèves, bourgeoise bohème dépassée par les événements mais galvanisée quand sonne l’heure de la vendetta au maquillage et cheveux défaits. Deux personnages en or transcendés par deux immenses actrices pour un résultat brillantissime d’intelligence et de précision. La dragonnade passée, le vampire blessé se pose sur un autre banc - l’affrontement de sang n’était que bouleversante passion éclopée.

par Nicolas Bardot

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