Wild Side

Wild Side
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Wild Side
France, 2003
De Sébastien Lifshitz
Scénario : Stéphane Bouquet, Sébastien Lifshitz
Avec : Yasmine Belmadi, Stéphanie Michelini, Josiane Stoléru
Durée : 1h33
Sortie : 14/04/2004
Note FilmDeCulte : ****--

Une transsexuelle, un jeune maghrébin et un émigré russe se rencontrent et trompent leur(s) solitude(s) à travers une relation ambiguë.

DOO, DOO DOO

Adepte des presque rien et de leurs murmures, Sébastien Lifshitz farde ou démaquille ses personnages, guettant leur sincérité à fleur de peau, comme l’éclat du non-événement. Une discussion anodine (parfois en langue étrangère), un échange de paroles ou de fluides (hétéros, homos ou autres), comme autant d’aventures mises entre parenthèses feutrées. Plus qu’un long-métrage empilant ses marginaux, plus qu’une œuvre plaquée gay, Wild Side est un film qui conjugue ses solitudes plurielles, et en recueille les fragments bruts, exposés à la lumière changeante d’un ciel qui se couvre et laisse parfois percer quelque rayon de soleil. Les terres grises du Nord, ragaillardies par un halo surnaturel, l’illusion de vie sur les papiers-peints abandonnés, jaunis et plissés. L’identité virile en question, d’homme à femme, d’amant à enfant, jusqu’à une famille recomposée en la circonstance, et rassemblée dans une même couche.

BAS LES MASQUES

Pour parfaire son objet, Lifshitz s’est entouré d’une équipe aux talents aiguisés: Agnès Godard (comparse habituelle, entre autres, de Claire Denis) aux pinceaux de la photographie, Jocelyn Pook (remarquée notamment par son travail sur Eyes Wide Shut) pour le paysage musical. Il en résulte une impression d’élégance, à défaut d’une totale harmonie. Wild Side reprise ou coupe ses fils narratifs, au point parfois d’arborer un visage quelque peu décousu. Sur ce même chemin, le très précieux personnage principal (formidable Stéphanie Michelini) ne peut faire oublier la relative faiblesse des deux autres parties du trio. Le film s’en retrouve d’autant plus déséquilibré, jonglant comme il peut entre fulgurances en sourdine et pointillés plus ronflants. Mais toujours avec un brio et une humilité qui donnent leur prix à ces instants où l’émotion point sans crier gare.

par Nicolas Bardot

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