Stage Beauty

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Stage Beauty
États-Unis, 2004
De Richard Eyre
Scénario : Jeffrey Hatcher
Avec : Hugh Bonneville, Ben Chaplin, Billy Crudup, Claire Danes, Rupert Everett, Zoe Tapper, Tom Wilkinson
Photo : Andrew Dunn
Musique : George Fenton
Durée : 1h50
Sortie : 02/03/2005
Note FilmDeCulte : *****-
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Londres, 1660. Seuls les hommes sont autorisés à tenir des rôles féminins au théâtre. Mais le roi Charles II abolit cette règle et la légendaire vedette Ned Kynaston se retrouve en rivalité avec son habilleuse, Maria, qui jusqu’alors jouait clandestinement des rôles de femmes.

KYNASTON IN LOVE

Stage Beauty rappellera indubitablement des échos de Shakespeare in Love: même décor, même jeu de l’amour à la ville et à la scène, même nécessité du travestissement. Mais le film de Richard Eyre reprend les qualités de son prédécesseur sans ses défauts. Shakespeare in Love était malin et bien ficelé, mais convenu. Stage Beauty est par instants éclatant de vie et d’âme. Ce récit de doubles vies, amoureuses, sexuelles, théâtrales, est mené avec une véritable énergie qui le rend mémorable. Eyre parvient à insuffler une belle vitalité dans sa description du monde du théâtre, de la cour, des bouges clandestins où se jouent des variations à petit budget sur les pièces de Shakespeare. Claire Danes, et surtout Billy Crudup, assurent avec brio deux rôles relativement complexes; Ned Kynaston est un acteur homosexuel qui joue finalement plus dans la vie que sur scène. Et lorsqu’il est obligé d’auditionner pour un rôle d’homme, il se heurte aux limites de son talent et de son naturel. La scène est déchirante et montre que Crudup est un acteur talentueux que l’on devrait voir plus souvent.

LE RÔLE DE SA VIE

Certains pourraient reprocher au film son côté trop lisible, comme s’il avait été conçu par des étudiants en théâtre soucieux de s’écrire des rôles efficaces et gratifiants. Mais Stage Beauty s’élève au-dessus de la masse par son côté obscur, son regard cruel de lucidité sur le destin de cet homme incapable de jouer sur scène comme il joue dans la vie (à moins que ce ne soit le contraire). De vedette pleine d’assurance, Kynaston devient peu à peu un être fragile, qui montre ses failles à chaque réplique. S’engage alors un échange superbe avec le personnage de Claire Danes, Maria, son habilleuse et désormais sa rivale: attirés l’un par l’autre, ils se retrouvent au lit. Maria n’a jamais rien fait avec un homme et Ned n’a jamais rien fait avec une femme. Qui est le garçon? Qui est la fille? Cette très belle scène d’échange des rôles (dans tous les sens du terme) est menée avec talent et tire sa force de son côté cru, simple et lisible, mais extrêmement casse-gueule. Le centre de gravité de Stage Beauty est là et achève de prouver que nous sommes devant bien plus qu’une comédie romantique académique.

par Liam Engle

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