Infidèle

Infidèle
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Infidèle
Unfaithful
États-Unis, 2002
De Adrian Lyne
Avec : Richard Gere, Diane Lane, Olivier Martinez
Musique : Jan A.P. Kaczmarek
Durée : 2h04
Sortie : 05/06/2002
Note FilmDeCulte : ***---

Tandis que son couple donne une impression d'harmonie parfaite, une femme va succomber au désir et accepter les avances d'un jeune homme.

Adrian Lyne a été, et est encore, d’une certaine manière, un agitateur érotique pour la bonne morale américaine. Chaque film de l’auteur (excepté pour L’Echelle de Jacob et Flashdance) est une recherche sur le couple américain, la vie sexuelle d’un monde puritain… Infidèle est le remake du film de Claude Chabrol, La femme infidèle. En cela on retrouve évidemment l’histoire de base, mais de ce film de Chabrol il ne reste rien d’autre; Infidèle porte tellement dans chaque plan, chaque idée de mise en scène, chaque mouvement la marque de son réalisateur qu’il est impossible d’y voir autre chose qu’un film d’Adrian Lyne. En cela, le film est appréciable, et en même temps détestable. A marquer le film de son emprunte, Lyne pose toutes les clés dès le début. La liaison entre les amants nous apparaît sortie de 9 semaines ½, le thème du reproche de la culpabilité est évidemment issu de Liaison fatale, le drame du couple lié dans le dégoût inspiré par l’autre est propre à Proposition indécente… On pourrait presque dire qu’Adrian Lyne a attendu toute sa vie pour faire ce film, et que finalement en accomplissant l’œuvre-clé, il aurait basculé dans ses propres clichés.

Mais Infidèle reste une œuvre souvent très intense. Le jeu des acteurs y est pour beaucoup. Diane Lane n’a jamais joué si intensément, n’a jamais été si passionnée, après des années d’une carrière en demi-teinte. Si Olivier Martinez n’a ici qu’un rôle figuratif de carte postale du bonheur libre et épanoui, on appréciera ou non le jeu de Richard Gere, interprétant son personnage sur un fil si mince qu’il en devient sublime ou faux, selon l’instant. La composition de Jan A.P. Kaczmarek est également un atout majeur du film, envoûtante, chaleureuse et désabusée, elle dessert parfaitement le choix du réalisateur de ne filmer que l’intimité. Au final, Infidèle est un film qui, s’il ne bouleverse en rien l’échiquier du cinéma, ne lui fait pas honte non plus. On pourrait juste dire qu’il arrive trop tard dans la filmographie du réalisateur comme dans notre société: il y a bien longtemps que l’on ne croit plus au bonheur du modèle middle class américain.

par Yannick Vély

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