Bronson

Bronson
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Bronson
Royaume-Uni, 2009
De Nicolas Winding Refn
Scénario : Brock Norman Brock, Nicolas Winding Refn
Avec : Kelly Adams, Amanda Burton, Tom Hardy, Matt King, James Lance
Photo : Larry Smith
Durée : 1h32
Sortie : 15/07/2009
Note FilmDeCulte : ****--
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1974. Livré à lui-même, Michael Peterson, 19 ans, cherche à faire la Une des journaux : rêvant de devenir célèbre, il tente de braquer un bureau de poste avec un fusil à canon scié qu'il a lui-même bricolé. Rapidement interpelé, il est d'abord condamné à sept ans de prison. A ce jour, il a passé 34 années en prison, dont 30 en cellule d'isolement.

PLEIN LA GUEULE

Faux biopic totalement subjectif à propos d’un homme qui s’exprime principalement par les poings, le nouveau film du Danois Nicolas Winding Refn descend directement d’Orange mécanique, de Trainspotting ou de la série télé culte Oz. Car ce que vient nous raconter le réalisateur d’Inside Job et de la fameuse trilogie Pusher est une représentation quasi onirique d’un cogneur, à la fois frappadingue fini mais aussi artiste reconnu depuis désormais de nombreuses années. Ou comment celui qui est connu outre-Manche comme le détenu qui aura coûté le plus cher à la justice britannique amoche la gueule de son prochain dans un état de fureur toujours hypnotique, parfois érotique (Tom Hardy, impressionnant bloc de virilité et de charisme animal), en devenant acteur de son propre spectacle et metteur en scène de sa propre vie grâce à sa communication basée essentiellement sur le bourre-pif. Entre quartiers de haute sécurité et hôpitaux psychiatriques, face à des chiens ou à de simples matons, entre co-détenus et aliénés doux-dingues, ce portrait au vitriol d’un fou qui malgré tout garde toute sa raison, pourrait être défini comme l’image d’un "artiste" croquée par un autre artiste, une sorte de vision fantasmée d’une icône, comme en témoignent d’ailleurs les nombreuses interventions clownesques devant un parterre de spectateurs anonymes et amorphes. Fougue et jeunesse pour habiller cette œuvre réellement singulière, Bronson se concentre donc plus sur la psychologie et l’état d’esprit de l’homme que sur ses actes purs et durs, là ou il aurait été plus que facile d’en faire un simple film de taulard passant son temps à se castagner. Alors certes ce portrait "arty" est un peu rapide et aurait probablement mérité un traitement un peu plus poussé vu la personnalité dudit détenu, d’autant que l’enfermement mental et social, cette aliénation de la bête en cage, continue à travailler l’esprit du spectateur bien longtemps après la projection, un peu comme ces œuvres qui tendent à devenir cultes dans l’avenir mais dont on ne perçoit pas la force totale sur l’instant. Mais le film reste l'une de ces bonnes baffes à retardement que peu d’œuvres arrivent encore à obtenir.

par Christophe Chenallet

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