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Janvier 2020

L'année cinéma 2019 de Manon Franken

L'année cinéma 2019 de Manon Franken

Comme l’évoque si bien So Long, My Son, le temps nous emporte, inlassablement, pour le pire mais aussi le meilleur et, à l’image de Monrovia, Indiana, les choses se meurent parfois. Sous le confort de notre époque, nous sommes frappés par la crainte d'un futur incertain. À l’heure où la Terre telle que nous la connaissons subit des changements à cause de et néfastes pour les Hommes, les yeux se tournent vers un rêve d'ailleurs. Ces dernières années ont été marquées par de nombreux films sur l’espace, qui est toujours indissociable de notre rapport avec notre planète mère. 2019 a ainsi été l’année d'Ad Astra, dans lequel la quête d’un père à travers le système solaire évoque la volonté vaine d’espérer un Dieu dans un climat désillusionné, mais aussi l’année de Proxima, dans lequel l’espace n’est jamais montrée puisque le sujet est une relation mère-fille, pleinement terrestre. Après l'homme en quête du père d'Ad Astra, la petite fille de Proxima nous questionne sur l’image de la mère, le modèle féminin et le poids et la charge mentale. Ce female gaze, objet de bon nombre de discussions est l’essence même du dernier film de Céline Sciamma dans lequel une jeune peintre ne peut capturer le visage de sa modèle qu’à travers sa confiance et leurs sentiments réciproques. Ce serait néanmoins réducteur de réduire 2019 à ces quelques œuvres puisque le paysage cinématographique a été, comme à son habitude, riche. Cet art du temps et du regard a amplement rendu hommage à son essence. Et puis comme ce temps influence toujours notre regard, ce top n'a ni vocation d’être objectif, ni de compter les films sortis en 2019 mais vus en 2018 – ce qui excuse l'absence des pourtant méritants Grâce à Dieu et Les Éternels.

L'année cinéma 2019 de Christophe Chenallet

L'année cinéma 2019 de Christophe Chenallet

Deux faits marquants cette année. Après le coup de maitre Hérédité qui en avait bluffé plus d’un l’an passé, Ari Aster revient cette année avec un Midsommar, tout aussi puissant. On aurait pu croire que son premier long avait été un coup de chance, l’œuvre d’un artiste qui a donné tout ce qu’il avait pour sa première grande œuvre avant de se prendre les pieds dans le tapis pour le difficile exercice du deuxième film. Mais non, Aster est venu en embuscade, en pleine période estivale et nous a balancé sa bombe pastorale en pleine gueule afin de venir truster la première marche du top 2019 comme si de rien n’était. Ce n’était donc pas un coup d’essai ultra maitrisé, ni un fait du hasard. Le bonhomme est là, solide, et il vient d’asseoir une réputation qui risque de faire parler d’elle dans les prochaines années. L’autre fait d’armes de l’année à mes yeux, c’est la palme d’or à Parasite de Bong Joon-Ho. Car ce film et cette récompense acte définitivement la présence de la Corée du sud sur la carte du cinéma mondial mais réussit également à lier le meilleur des deux mondes, celui où l’élite cannoise à enfin récompensé un film aussi brillant que populaire (dans le sens noble du terme) et où le public à su répondre présent (plus d’1, 6 millions d‘entrées en France). Bref une récompense qu’on peut éventuellement prendre comme le couronnement d’un cinéma qu’on pouvait croire réservé à un public cible (celui amateur de polars et de thrillers rugueux) et qui permettra peut-être, on l’espère, d’attiser une certaine curiosité et de faire découvrir des œuvres tout aussi (voir plus) importantes aux spectateurs curieux de connaitre un peu mieux le cinéma du pays du matin calme.

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