Alien Vs Predator

Alien Vs Predator
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Lorsqu’une onde de chaleur inhabituelle attire l’attention sur un endroit isolé de l’Antarctique, révélant la présence d’une pyramide, le millionnaire Charles Weyland lance une expédition. Les explorateurs se retrouveront alors au milieu d’une guerre entre Predators et Aliens.

IL EST DES NOTRES, C’EST UN GEEK COMME LES AUTRES

Depuis la présence subtile d’un crâne Alien dans le vaisseau Predator à la fin du calamiteux Predator 2 de Stephen Hopkins (1990), l’ambition de faire un crossover s’était faite pressante. Avec le succès de Freddy contre Jason, le développement du projet s’est vu accéléré et le redoutable Paul Anderson fut engagé afin d’unir ces deux franchises pour le meilleur et pour le pire. Cependant, alors que l’entreprise pourrait aisément paraître vulgairement vénale, le film témoigne d’une grande sincérité à travers l’amour évident que porte Anderson aux sagas originales. Tout le long du métrage, on ressent à chaque instant sa volonté de nous donner ce que lui-même, geek parmi les geeks, aimerait voir à l’écran. Anderson est l’un des nôtres. Il a réalisé deux adaptations de jeux vidéos (le coupablement sympathique Mortal Kombat et le raté Resident Evil) et œuvré auparavant dans le registre de la science-fiction (l’angoissant Event Horizon et le catastrophique Soldier) et bien qu’il soit plus ou moins rangé dans le catalogue des tâcherons, il fait des efforts. Alien Vs. Predator est donc un film visuellement très soigné. On est loin de la platitude son précédent opus. Malheureusement, Anderson s’avère définitivement plus doué pour orchestrer de jolis plans (la découverte de la pyramide par la fusée luminescente, celle du vaisseau extra-terrestre, un Alien rugissant dominant sa proie vaincue) que pour mettre en scène l’action (par moments surdécoupée et confuse). Néanmoins, il truffe son œuvre d’idées visuelles bienvenues (comme l’utilisation de l’invisibilité des Predators, notamment leurs armes lors de leur première attaque) et surtout, il remporte haut la main le défi de la première rencontre entre les deux figures mythiques dans un plan jouissif, au même titre que beaucoup d’autres séquences. Autant de cadeaux aux fans du genre et de la saga.

LES PREDATORS SONT NOS AMIS, IL FAUT LES AIMER AUSSI

L’auteur se permet ainsi d’étoffer la mythologie des Predators, véritables stars du film, par l’intermédiaire de nombreuses trouvailles scénaristiques. Charismatiques à souhait, les chasseurs bénéficient donc d’un statut privilégié par rapport à leurs rivaux, qui semblent tout d’abord relégués au second plan, tel un simple ennemi pullulant, mais ne sont pas totalement en reste. Les Aliens possèdent ici une qualité féline dans leurs mouvements qu’ils n’avaient pas auparavant (les effets spéciaux sont splendides) et leur Reine apparaît ici telle qu’on ne l’avait jamais vue. Moins imposante de respect que chez James Cameron, mais plus immédiatement terrifiante, l’avancée technologique aidant. Certains partis pris, déjà présents dans les bandes dessinées, refroidiront peut-être certains mais un simple saut de foi cinéphilique permet leur acceptation. Et le spectacle n’en est que plus réjouissant. Paul Anderson ne se rangera pas aux côtés des auteurs qui l’ont précédé, mais il n’en a pas la prétention. Il dépasse allègrement Stephen Hopkins et livre une série B pas honteuse du tout malgré quelques maladresses, dans les dialogues ("L’ennemi de mon ennemi est mon ami") ou la forme (un ralenti à chaque saut des Facehuggers, les créatures surgissant des œufs, caractérisés justement par leur rapidité). En attendant le DVD Director’s Cut, classé R (le studio ayant coupé "toutes les meilleures scènes" dixit Anderson, afin de le classer PG-13), le face-à-face du siècle se joue en salles.

par Robert Hospyan

En savoir plus

Interactivité :

Sur le premier disque, en plus d’une nouvelle (et mauvaise) introduction optionnelle au film, on retrouve deux commentaires audio: Paul W.S. Anderson (réalisateur) / Lance Henriksen / Sanaa Lathan (acteurs) et John Bruno (superviseur des effets spéciaux) / Alec Gillis / Tom Woodruff Jr. (créateurs et designers des deux monstres). Dans le premier, Anderson s’avère moins convaincant que dans les divers bonus. Dans le second, les hommes de l’ombre du cinéma parviennent à intéresser, cependant leur domaine d’expertise requiert autre chose qu’un commentaire audio, heureusement les bonus du deuxième disque viendront illustrer ce commentaire. L’interactivité du deuxième disque de cette "Edition extrême" se divise en cinq parties composées de plusieurs sous-parties :

Pré-production: - Conception (25'53): Un documentaire un peu le cul entre deux chaises à plusieurs niveaux dans la mesure où tous les passages impliquant le réalisateur, Paul Anderson, ont été tournées avant même le tournage du film, ainsi il ne parle que de ses intentions, néanmoins intéressantes au demeurant; de plus, la featurette est à mi-chemin entre un point de vue rétrospectif sur la naissance du projet et une approche très furtive des effets techniques préparés par Amalgamated Dynamics Inc., la boîte responsables des créatures. Si le terme "conception" résume bien ces deux aspects, le reportage demeure bancal. - L’atelier ADI (7'02): Dans ce bonus, nous pénétrons dans l’atelier d’Amalgamated Dynamics et témoignons de leur travail sur le film. Cependant le bonus se contente d’empiler des vidéos de la fabrication et des essais des costumes, marionnettes et autres accessoires, sans aucun commentaire, rendant le tout quelque peu lassant. - Galerie de storyboards - Galerie de concepts

Production: - Making of (59'11): Comme son nom l’indique, ce bonus est un making of dans le sens le plus propre du terme, à savoir une entrée dans la fabrication même du métrage. Plat de résistance de cette édition, le documentaire est trop long pour le peu d’intérêt qu’il recèle mais comporte cependant quelques moments pertinents, notamment du côté des anecdotes racontées par les différents acteurs (on pense en particulier à Lance Henriksen). - Maquette du port baleinier (6'53): John Bruno a beau être un spécialiste ayant notamment collaboré plusieurs fois avec James Cameron, sept minutes sur une maquette, certes très réussie, c’est trop. - Sauter au visage et fabriquer les œufs (14'55): A l’instar de L’atelier ADI, ce bonus est purement démonstratif et donc peu intéressant à regarder. N’oublions pas que tout ce qui concerne la fabrication des œufs ou des face-huggers, en passant par les Predators et Aliens des précédents bonus, n’aura aucun secret pour quiconque a déjà vu les excellents suppléments des différentes éditions des films originaux. - Ennui dans le tunnel (3'47): Un supplément qui semble n’être là que pour dire que tout ne se passe pas toujours à la perfection sur un tournage, en illustrant quelques problèmes rencontrés lors d’une séquence particulière.

Post-production: - Déclinaison des effets spéciaux (30'11): Bien qu’un peu confus, ce documentaire qui tend à flatter John Bruno une fois de plus est également bénéfique au réalisateur tant décrié qui a insisté pour qu’une majorité des effets soient faits sur le plateau et non en numérique. - Scènes inédites avec commentaire optionnel du réalisateur (11 scènes, 8'41): Rien qui ne fasse bondir le spectateur en se demandant pourquoi telle scène a été coupée, ni même une idée intéressante.

Franchiser la marque: - Aliens Vs. Predator, le comic book (11'26): Passionnant bonus concernant le comic book, très intéressant à voir du point de vue de la naissance de ce cross-over particulier et à quel point il aura inspiré le film. Probablement le bonus le plus informatif. - Les figurines Todd McFarlane (13'32): Véritable pub à l’aspect bourrin pour Todd McFarlane, qui a le mérite de nous présenter un bonhomme complètement barré, auteur/dessinateur de bande-dessinée qui travaille également dans l’animation et la création de figurines, en s’attardant évidemment sur ce point expliquant la démarche pertinente derrière celle-ci. Encore une fois, fascinant.

Marketing: - HBO Special (13'01): Featurette promotionnelle sans réel intérêt. - Teaser - Trailer

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