Nuremberg

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Nuremberg
États-Unis, 2025
Scénario : James Vanderbilt
Avec : Russell Crowe, Rami Malek, Michael Shannon
Photo : Dariusz Wolski
Musique : Brian Tyler
Durée : 2h28
Sortie : 28/01/2026
Note FilmDeCulte : ***---
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1945. Il est temps d’instruire le procès du régime nazi à Nuremberg. Le psychiatre américain Douglas Kelley doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich. Face au manipulateur Hermann Göring, il se retrouve pris dans un rapport de force. S'ouvre alors un duel avec le mal absolu.

LET IT CROWE

Dans un premier temps, l'improbable postulat du film séduit, avec le parti-pris audacieux de donner la part belle à un film de paroles, de personnages, un jeune psychiatre confiant et ambitieux se confrontant à la séduction d'un architecte du mal dans le but de décréter si les nazis étaient fous et l'écriture ose présenter un Hermann Göring aussi terrifiant qu'humain. Le principal atout du film, il va sans dire, réside dans la prestation parfaite de Russell Crowe, qui incarne l'homme sans ne jamais le jouer comme le Hannibal Lecter qu'il est, parvenant à cumuler tant son narcissisme souriant que sa relative normalité et affectant un accent allemand qui se marie à une voix paradoxalement douce et ténébreuse à la fois, comme le frottement de roches l'une contre l'autre.

Dès lors que le récit abandonne le face-à-face entre "le psychiatre et le nazi", pour reprendre le titre du livre dont le film est adapté, et s'intéresse à l'organisation laborieuse du procès par un juge de la Cour Suprême, il perd quelque peu de son intérêt. James Vanderbilt estime sans doute cette trame nécessaire car elle constitue le cadre dans lequel naît et se noue et va se dénouer cette relation atypique mais elle ne devient réellement intéressante que dans la deuxième moitié, lorsque l'atrocité des camps, révélée au sein du tribunal par un documentaire (réel, de George Stevens et produit par John Ford), vient remettre en question la perception du docteur. Le souci, c'est que la réalité de l'Holocauste paraît aujourd'hui beaucoup trop ancrée en nous pour que la réaction de Kelley nous paraisse autre chose que naïve.

Se lance alors le dernier acte où l'on annonce que Göring va se jouer du procureur et qu'il va falloir lui faire une Des hommes d'honneur pour l'amener à avouer son rôle mais si le film a suffisamment réussi à incarner la thématique en son cœur afin d'éviter le Wikipédia filmé, il ne parvient pas à se transformer en film de procès convaincant, la ruse de Göring n'étant jamais aussi incroyable qu'on nous l'a vendu et la rhétorique qui le confond nullement aussi imparable qu'on veut nous le faire croire. Comme le montre l'épilogue, le tout se fait au service d'un propos plus que louable sur la nécessité de déceler ce mal politique dès que l'on en voit les germes et que Vanderbilt entend faire résonner avec l'actualité, mais le parcours manque de trouble. Si Vanderbilt évite certaines erreurs de son précédent long métrage en tant que réalisateur, Truth à l'écriture factuelle et didactique et à la mise en scène télévisuelle, Nuremberg reste un peu trop grossier et lisse, son profil proche des "films à Oscars"...d'il y a 20 ans.

par Robert Hospyan

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